2008-07-13

Le village gaulois du "streaming"


Lors de réunions familiales, on me demande souvent pourquoi je ne regarde presque jamais de télévision québécoise. « Pourquoi ne regardes-tu que des séries anglophones ? Tu sais, y’a des bonnes choses faites au Québec aussi ! » Nonobstant le fait que la qualité des séries anglophones est souvent de loin supérieure aux décors en carton que l’on voit à Radio-Canada et à TVA à chaque année, il y a surtout le fait que je ne possède pas de télévision. Et au Québec, sans poste de télévision, on ne va pas très loin côté télé...

Lorsque j’ai entrepris de poursuivre mes études supérieures à Montréal en l’an 2000, non seulement je n’avais pas les moyens de me payer de télévision, mais j’avais encore moins les moyens de me payer le câble à chaque mois ! À partir de ce moment, pour moi, la télévision est devenue une affaire d’Internet et de DVD.

J’ai donc passé les huit dernières années de ma vie à me divertir avec des coffrets de séries télé et/ou en regardant mes émissions favorites en transit via internet (c’est-à-dire en faisant du streaming). La première de ces deux activités nécessitait inévitablement l’achat périodique de quelques séries en format DVD, chose qui m’a permis d’accumuler une bonne collection avec les années. Or, puisque les séries américaines se vendent presque toujours *littéralement* deux fois moins chères que les séries québécoises, ce n’est pas difficile de faire pencher la balance de ce côté.

La seconde activité (le streaming), fortement illégale il y a plusieurs années, est désormais extrêmement populaire partout sur la planète, et les médias de masse s’en rendent de plus en plus compte (j’ai déjà écrit un topo là-dessus d’ailleurs). Tranquillement, les revenus publicitaires commencent à transiter vers l’écoute d’émissions en direct sur le net et les grands réseaux de télévision l’ont compris depuis longtemps. À cet effet, Hugo Dumas nous écrit un très bon papier dans La Presse d’hier. Les chiffres sont franchement surprenants.

Par contre, devinez quoi ? Le village gaulois québécois résiste encore à l’envahisseur. Oh ! Certainement pas ses internautes, mais assurément ses organismes syndicaux... Vous la voyez la surprise dans mon visage ? Non, bien sûr que vous ne la voyez pas puisqu'il n'y en a pas.

Extrait de Dumas :

« (...) contrairement à ABC, les réseaux d’ici comme TVA et Radio-Canada n’offrent pas encore leurs séries dramatiques et téléromans en «streaming», car les négociations avec les organismes de l’audiovisuel – dont l’Union des artistes (UdA) et l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) – n’ont pas encore été bouclées.


J’ai très hâte que toutes ces tracasseries syndicales se règlent et que le Québec cesse de traîner la patte par rapport au reste de la planète. Imaginez avoir la possibilité de revoir, gratuitement et à n’importe quel moment, un épisode de Nos étés ou de C.A. avec deux fois moins de publicité. Et plus besoin de guetter la sortie des coffrets DVD pour assouvir notre boulimie télévisuelle. Génial, non? Bien sûr. Mais faisable? On est loin de la soupe aux lièvres, comme dirait l’autre. »


Quand le Québec télévisuel sera enfin rentré dans le 21e siècle technologique, je retournerai volontiers aux bonnes séries télé de « che-nous ! ». Or pour l’instant, tant géographiquement que télévisuellement, pour moi « che-nous ! », c’est les États-Unis.

Ouch ! Elle était psychologiquement difficile à dire celle-là...

2 commentaires:

Jo Blanchet a dit...

Hehe, les US ont beau être ton "che-nous" actuel, tant que tu te ne mettes pas à prier pour sauver les fétus avorté, tu seras toujours des nôtres! :)
Remarque que quand on voit la réaction de certaines personnes à la venue de Sir Paul McCartney au 400e, j'ai pas trop envie d'être associé à eux...

Anonyme a dit...

Oui j aimerais bien que ca debloque un jour, car je suis québécoise et je vis en France depuis sept ans et ca me manque bcp la télé de chez nous snif snif snif, qu est ce qu on peut faire pour faire avancer les choses?

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