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2009-07-09

This is why you're fat


Quand les extravagances américaines passent de l'appétissant au dégoûtant :

2008-11-26

L’art de se justifier sans donner de raison valable


Jetez un coup d’œil à la photo attachée à ce message. Je l’ai prise il y a quelques semaines dans un supermarché des environs. Qu’est-ce qui cloche ? 

Traduction libre :

À tous nos consommateurs. Vous avez peut-être entendu parler du fait que le prix du lait est actuellement en hausse fulgurante partout dans le monde. Malheureusement, le prix du lait sera plus élevé dans le futur. Nous continuerons d’étudier le marché et d’ajuster nos prix dans le but de vous offrir le meilleur rapport qualité-prix. Nous nous excusons de cet inconvénient.

C’est quoi l’affaire ? On manque de vaches ? La demande de lait n’est plus assez forte parce qu’on ne fait pas assez de bébés ? On fait de la spéculation comme avec le pétrole ? Ce n’est plus l’or noir, c’est l’or blanc maintenant. 

Outre le lait dans toute cette histoire, ne trouvez-vous pas qu’à la manière des politiciens, le monde du commerce est désormais passé maître dans l’art de manipuler la langue de bois pour faire avaler quoique ce soit au consommateur ? Après tout, le consommateur ne rechigne jamais, pourquoi ne le ferait-on pas ? C’est partout comme ça maintenant, tant dans l’affichage que dans les garanties prolongées qui nécessitent une loupe et un doctorat en droit pour être lues et comprises.

Moi, en tant que bon consommateur, je veux acheter du lait. Moi, en tant que bon consommateur, je vois une note affichée proche des réfrigérateurs au supermarché. Moi, en tant que bon consommateur, je me dis que ça doit être sérieux s’il y a une note ! Moi, en tant que bon consommateur, je lis et j’approuve. Après tout, y’a une note qui dit que c’est comme ça parce que c’est comme ça ! 

Le prix du lait monte parce que le prix du lait monte.

Heille... Moi, en tant que bon consommateur, je trouve qu’ils m’ont convaincu drette-là eux-autres !

2008-09-30

C'est drôle ça ?

Décidément, y'a des jours où l'humour américain, ça ne me fait pas un pli...

Croqué sur le vif à la sortie d'un restaurant-cafétéria qui ne veut pas retrouver ses cabarets dans le fond des poubelles :


C'est drôle ça ? Hé ben. J'savais pas.

2008-09-24

Un c'est bien, mais deux c'est mieux...


Il y a quelques semaines, un collègue américain m’accoste en me demandant cette question complètement absurde : « Hey Nick, is it true that Canadians sell their milk in bags? » Euuu... Oui. Pas vous ? Et lui de s’esclaffer comme si j’avais raconté la meilleure blague de l’année.

Faut croire que non.

Curieusement, je n’avais jamais remarqué, mais c'est vrai qu'ils n'ont pas de sacs de lait. J’avais pourtant traîné mon pot de plastique lors de mon déménagement. Fallait bien quelque chose pour tenir mes litres de lait en sac ! Faut être con quand même, non ? Comme si les Américains savaient ce qu'étaient des litres...

Ce petit billet paraîtra donc complètement absurde auprès des lecteurs du Québec, mais j’ai profité de ma plus récente visite à Montréal pour ramener quelques photos d’intérêt aux amis d'ici :

1) Au Canada, on vend tout d’abord notre lait en litre (et non pas en « quarts » ou en « half quarts »). De plus, on le vend également en carton, pas uniquement en plastique :


2) Au Canada, on vend aussi notre lait en sac (ce qui n’existe absolument pas aux USA, où l’on préfère vendre des gros gallons de lait en plastique qui sont difficiles à verser d'une seule main) :




3) Les étalages canadiens sont donc ponctués de diversité laitière : plastique, carton, sac, un litre, deux litres, quatre litres, c’est au choix.


Ah oui ! Au Canada, on écrit le pourcentage de gras aussi. On ne se contente pas uniquement des whole milk, partly skimmed milk, reduced fat milk ou fat free milk.

Au fait, pour les Québécois, anecdote laitière pour anecdote laitière :

Lorsqu'on achète un réfrigérateur aux États-Unis, la largeur de l’étagère à l'intérieur de la porte est environ deux fois plus large que celle du Canada. Pourquoi ? Pour accommoder la largeur du gallon de lait, voyons ! Ces mastodontes sont environ deux fois plus épais que nos cartons de deux litres et il faut bien leur trouver une place dans le frigo. Assez spécial quand on essaie de faire tenir quelque chose de petit et de mince dans cet espace de lait gros comme un terrain de football...

(En passant, c'est une bouteille de 1.5 L de vin ça ! Pas seulement 750 ml...)

2008-04-23

Le dilemme de l'omnivore

Dites-moi, la dernière fois que vous avez tué le poulet (bœuf, saumon, etc.) de votre souper de ce soir, c’était quand ? Où cueilliez-vous les fruits et légumes que vous mangez à tous les jours ? De la crème glacée, des boissons gazeuses, des croquettes de « poulet », des repas-minute congelés, des jus avec additifs vitaminés, ça pousse où en hiver et comment en sommes-nous arrivés là, historiquement et sociologiquement parlant ? D’ailleurs, êtes-vous réellement certain que ce que vous avez mangé ce soir est réellement ce que vous avez mangé ? Du bœuf, du poulet, du poisson, etc. Vraiment ? Pensez-y et lisez.

Publié en 2006 par le journaliste américain Michael Pollan, « The Omnivore’s Dilemma: A Natural History of Four Meals » nous trace le portrait et l’analyse détaillée de la chaîne alimentaire qui ponctue chacune de nos vies nord-américaines en ce début de 21e siècle. L’auteur nous fait découvrir à quel point l’alimentation contemporaine est aussi proche de la nature que l’ordinateur d’aujourd’hui est proche de la feuille de papier et du crayon d’antan. On y découvre les entrailles du système alimentaire nord-américain, à quel point notre relation avec la bouffe est complètement dénaturée, à quel point notre bouffe, sans qu’on le sache et bien souvent à notre insu, est modifiée, retravaillée, réemballée, réajustée.

Bien que notre histoire directe nous lie à la culture alimentaire européenne basée sur le blé, ce livre nous fait découvrir à quel point nous avons complètement transformé nos habitudes alimentaires pour utiliser l’épi de maïs et ses produits dérivés comme source primaire de presque tous les produits que nous ingérons actuellement. Poussé par la motivation mercantile extrêmement alléchante de cette céréale qui pousse bien sur les terres d’Amérique, nous le faisons bien souvent aux dépens de notre santé et de la santé des autres. En autant que le portefeuille s’épaississe...

Qu’on le veuille ou non et que nous en soyons conscients ou non, le maïs est devenu l’une des seules sources protéiques que nous absorbons à tous les jours, 365 jours par année. Qu’est-ce que ça change, me direz-vous ? Au premier regard, rien, car une protéine dénaturée restera toujours formée des mêmes 20 acides aminés naturels. Mais lorsqu’on regarde de plus près, on se rend bien compte que c’est loin d’être le cas au niveau alimentaire. Au même titre qu’un prion n’est pas une protéine comme les autres et que son ingestion peut causer des problèmes de santé graves d’une espèce à l’autre, il s’avère que les sources de protéines communes ingérées par les animaux que nous mangeons à notre tour ont également un effet non négligeable sur notre santé.

Analyse alimentaire à l’appui, Michael Pollan nous démontre en fait que plus du quart de tout ce que l’on achète à l’épicerie aujourd’hui contient un dérivé plus ou moins alléchant du maïs, indirectement transformé par une matière pétrolière qui consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit. Des céréales aux viandes, en passant par le jus (bourré de sirop de maïs) et les fruits (dont la couche de cire qui les fait reluire est un dérivé de maïs). Pollan nous montre également comment l’être humain poussa même l’extrême jusqu’à modifier la biologie animale de certaines espèces à son profit. Les vaches et le saumon ne mangent naturellement pas de maïs et ne peuvent pas digérer ladite plante ? Pas grave. On nous démontre avec brio des trucs utilisés par les tenants de l’élevage intensif pour faire ingérer cette plante bon marché à ces animaux, avec les conséquences désastreuses que l’on peut s’imaginer sur leur santé et sur la nôtre.

À cet effet, saviez-vous qu’au niveau nutritif, manger du saumon d’élevage ― par opposition au saumon sauvage ― revenait à peu près à manger un steak ? Et, parlant de steak, saviez-vous qu’il y a de bons indices qui suggèrent que ce n’est pas nécessairement la viande rouge que l’on ingère qui cause les fameux problèmes cardio-vascualires dont nous sommes victimes, mais plutôt ce que la vache elle-même a mangé avant que nous l’ingérions à notre tour ? Or, pour l’industrialisation moderne, ça n'a aucune importance, car vous ne le savez pas. Au diable les valeurs nutritives du poisson et des bons gras : pour eux, une viande c’est une viande, même au niveau moléculaire. Ça fait peur.

J’entends déjà les tenants du monde « bio » se sentir à l’abri de ces affres alimentaires contemporaines. Pas si vite ! Qu’à cela ne tienne, Pollan passe le tiers du bouquin à nous démontrer à quel point l’industrie biologique ― un paradoxe historique en soit ― n’est en réalité qu’un leurre monumental et un lobby puissant qui ne vise en fait qu’à redonner bonne conscience aux consommateurs qui désirent redécouvrir leurs racines pastorales. Vendre l’image du retour à la terre, voilà ce qui compte pour ce courant de pensée alimentaire qui aime bien jouer sur les zones grises de la loi pour faire passer ses produits comme « biologiques », alors qu’ils sont pratiquement identiques à ceux conventionnellement manufacturés.

À l’aide de nombreuses anecdotes savoureuses, Pollan nous fait découvrir ses expériences personnelles, ponctuées d’analyses cartésiennes saisissantes et de faits cachés qui surprennent énormément. D’une certaine manière, le « dilemme de l’omnivore » qu’il nous présente demeure en quelque sorte son Discours de la méthode personnel, une manière pour Pollan de remettre toutes ses habitudes alimentaires en question, d’aller « voir » la chaîne alimentaire en action et de vivre, ne serait-ce que pour quelques semaines ou quelques mois, dans la peau des artisans de tous les courants de la pensée alimentaire contemporaine (industriel, biologique, végétarien, chasseur, etc.). Il pousse d’ailleurs l’expérience à son meilleur en se donnant comme défi de recréer la chaîne alimentaire complète d’une croquette de poulet McDonald’s et en créant un repas à partir d’ingrédients qu’il a lui-même cueillis ou chassés (de l’animal au sel de mer, en passant par les champignons et les fruits).

En faisant une analyse captivante d’un pan de notre vie que nous considérons souvent pour acquis, Michael Pollan fait le point sur nos habitudes alimentaires sans tomber dans l’activisme et l’extrémisme de certains groupes de pression anarchistes. Le bouquin fait une analyse vivifiante du domaine de l’alimentation et nous fait considérablement réfléchir à notre perception face à la bouffe. Une lecture fortement conseillée, qui n’a pas fait la liste des dix coups de cœur du New York Times de 2006 pour rien...

Michael Pollan, The Omnivore’s Dilemma: A Natural History of Four Meals, The Penguin Press, 2006.

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